Je ne me rappelle plus trop si c’est en 1998 ou 1999 que j’ai eu ma première connexion à Internet. A l’époque c’était AOL qui dominait le marché des FAI avec ses forfaits 20h très abordables. A l’époque du RTC, le débit était de 56kb/s autant vous dire que les téléchargements plafonnaient au mieux à 5 ou 6ko/s. On découvrait la toile, on y voyait un vaste espace de liberté d’échange et d’expression. Les premiers projets français telles que Mygale.org proposaient un hébergement gratuit de quelques Mo. Les Internautes allaient alors pouvoir créer leur premières pages web et enfin exprimer leurs opinions avec un lectorat potentiellement mondiale. C’était la révolution! Les moteurs de recherche n’étaient alors qu’à l’état de prototypes, on ne jurait que par l’énorme annuaire de Yahoo! qui connaissait son heure de gloire. Rapidement sont ensuite apparu Altavista, puis Lycos et bien d’autres jusqu’à l’arrivée de Google qui fût une véritable révolution bien qu’au début peu de personnes n’y croyaient…
Le déploiement des réseaux ADSL et du très haut débit allaient accélérer le mouvement, très rapidement les médias devenaient accessibles, on alors connu l’explosion des systèmes de partage de fichiers P2P comme le fameux Kazaa ou eMule. Grâce à la technologie flash, la vidéo a également pût se faire sa place et devint rapidement incontournable. Lors de l’annonce de rachat à hauteur d’un milliard de dollars pour YouTube, Google confirmait sa place de leader en matière de contenu sur Internet. Aujourd’hui ce géant de la recherche est devenu incontournable pour ne pas dire omniprésent sur le web. Il serait bien difficile à l’heure actuelle de s’en passer…
10 ans après les premiers balbutiements de la toile, la fameuse bulle Internet explose, de nombreuses start-ups disparaissent, les investisseurs deviennent un peu plus timides jusqu’à ce que l’on commence à parler de web 2.0. C’est alors l’avènement des réseaux sociaux, tout le monde veut être connecté et échanger avec ses amis, rapidement les MySpace et autres Facebook envahissent Internet. Le web commercial était bien présent, Internet était devenu une énorme place de marché pour les marques qui y ont vu un formidable outil de communication mais aussi un vaste magasin en ligne capable de générer d’incroyables profits. On ne compte plus les succes stories du net.

Aujourd’hui, cet espace de liberté est menacé. Certes il y a eu de nombreux abus comme le téléchargement massif et sauvage de films ou de musique mais il faut bien avouer que sans le piratage, il n’est pas certains que les studios de cinéma et les maisons de disques se seraient intéressés à Internet. Très clairement, ces grands acteurs sont arrivés trop tard et n’ont pas pu (et ne pourront plus) imposer leur modèle économique d’autant plus que la question du pouvoir d’achat n’a jamais été aussi présente. Difficile d’imposer l’achat de contenu alors que voilà de nombreuses années que la gratuité est le maitre mot du réseau… Les offres de streaming légal commencent enfin à arriver mais encore une fois avec 2 wagons de retard. C’est selon moi la direction que vont prendre ces acteurs et ils auraient de toute façon tords de faire autrement. Nombreux sont les Internautes qui n’arrivent pas à comprendre pourquoi des modèles économiques éprouvés n’arrivent pas à se placer sur le réseau. La télévision telle que nous la connaissont vit ses dernières années, c’est évident, l’avènement du numérique aura raison des programmes et des horaires imposés…
La télévision (privée) a toujours été gratuite, entre-couper un programme de publicités fait partie de la culture, personne ne s’en étonne et tout le monde comprend bien l’intérêt de ce fonctionnement cependant sur Internet, ça ne passe pas. On ne veut pas diffuser gratuitement comme l’a fait par le passé la télévision en portant ce modèle économique. Trop complexe probablement de changer de support…
Non, au lieu de répondre à la demande qui est en train de devenir de plus en plus forte, la seule réponse en France que nous avons c’est la LOPSI ou l’HADOPI. Un modèle où tout le monde est coupable de vol, de pédophilie et d’arnaques en tout genre. En aucun cas je ne peux défendre les crimes et les délits mais la censure n’a jamais été la solution. Elle n’a d’ailleurs jamais rien amené de bon… En 10 ans je ne suis jamais tombé sur un site pédophile et pour cause, on ne tombe jamais par hasard sur ce type de contenus pourtant c’est ce que semble penser notre gouvernement qui préfère couper l’accès à ces odieux sites plutôt que de trouver des accords internationaux et écrouer les responsables. Cet argument ne tient donc pas, il n’y a aucune raison de censurer l’Internet. Chose qui par ailleurs risque fort de couter cher au contribuable qui selon moi n’a jamais voulu ça.
Nombreux sont ceux qui s’interrogent sur le réel but de ces textes de loi qui finalement ne permettent que de mettre en place des outils de censure qui bafouent les valeurs de la république. La liberté d’expression comme contre-argument. Il est intolérable de penser qu’un gouvernement puisse choisir ce qui est bon ou pas pour son pays en terme d’informations. L’exemple Chinois montre bien quelles sont les dérivent et a quel point ces dérivent peuvent entrainer de très mauvaises choses. L’histoire Européenne nous a bien montré l’importance de la liberté de la presse et des médias. La limite est franchie dès lors qu’une poignée d’hommes tiennent les rennes de l’information or c’est ce qui est en train de se dessiner chez nous en France. Si Internet est essentiellement un divertissement pour beaucoup, c’est aussi une des seules source d’actualités qui ne sont pas potentiellement manipulables dans le sens où nombreux sont les sites qui ne courent pas après les profits assurant ainsi leur intégrité.
La LOPSI et l’HADOPI sont des textes inacceptables dans un pays comme le notre. D’autres solutions existent que la répression et la censure. Pourtant ces alternatives n’ont jamais été explorées par notre gouvernement. Très clairement, la finalité de ces deux textes va bien au delà de la protection des œuvres et des personnes sur Internet. D’autant plus que la loi française protège déjà tout ça. Non, selon moi c’est la manipulation de l’information qui s’est déguisée en sauveur. J’en appelle aux grands groupes de médias à faire machine arrière et d’écouter un peu mieux ce que souhaitent les Internautes que vous qualifierez sans doute de consommateurs. Le problème ne réside pas dans le fait de donner la liberté d’échange mais de nous la reprendre. Nous souhaitons tous que les contenus illégaux disparaissent mais pas au mépris des valeurs de notre pays. Si le débat sur l’identité nationale n’était qu’une farce à mes yeux, ce qui a fait aussi la France c’est la liberté. Un mot clé qui revient de plus en plus sur la blogosphère que semble mépriser nos élus qui n’ont semble-t-il pas entendu la voix du peuple qui tente tant bien que mal de s’exprimer sur ces nouveaux outils de communication. S’ils l’avaient fait, ils auraient vu l’indignation, la honte et la colère.
Publié dans la catégorie Internet et web 2.0 le 07/03/2010 à 16:35.
Tags : aol, censuré, HADOPI, Liberté, LOPSI. Un seul commentaire...
La Quadrature Du Net qui s’est notamment bien fait connaitre lors des discussions autour de la loi HADOPI a aujourd’hui besoin de fonds pour continuer son action et défendre l’Internet tel que nous le connaissons (et aimons). Au moment où j’écris ses lignes, ce sont 33968€ qui ont été récoltés soit environs la moitié du budget nécessaire qui s’élève à 115000€. Vous pouvez vous rendre sur la page de soutien si vous souhaitez apporter votre contribution…
Publié dans la catégorie Internet et web 2.0 le 23/01/2010 à 13:20.
Tags : Benjamin Bayart, HADOPI, Jérémie Zimmermann, La Quadrature Du Net. Aucun commentaire...
Rechercher La Quadrature Du Net a besoin de sous! sur Amazon.fr...
Ce n’est pas une nouveauté, nos politiques ne connaissent rien aux nouvelles technologies, on l’a vu avec le projet de loi HADOPI. C’est au tour de la norme PEGI d’être remise en cause par Nadine Morano qui ne semble pas comprendre grande chose… Si vous ne connaissez pas encore cette norme (ça me parait peu probable), n’hésitez pas à faire un tour sur le site officiel qui vous expliquera tous ces petits logos qui sont pourtant très clairs. On notera tout de même que le PEGI a été adoptée par tous les éditeurs de jeux qui n’hésitent pas à afficher l’age minimal sur la jaquette avant, chose que l’on ne voit pas par exemple sur les films qui eux bénéficient d’une toute petite mention légale derrière le DVD…

Le PEGI ne peut pas être plus claire, pourtant Nadine Morano semble vouloir remettre en question cette norme, allez savoir pourquoi. Il serait plus intéressant je pense de remettre en question le fait qu’un mineur peut légalement acheter un jeu 18+. Pourtant le gouvernement semble s’intéresser à la question notamment avec Pedagojeux.fr. Les sites spécialisés comme Gameblog affichent leur étonnement quant à la remise en question du PEGI et pour cause, il n’y a aucune raison de changer quoi que ce soit dans cette signalétique…
Publié dans la catégorie Jeux vidéo et consoles, Politique, débats et partis le 03/12/2009 à 16:48.
Tags : HADOPI, Nadine Morano, PEGI. Aucun commentaire...
Rechercher Nadine Morano remet en question la norme PEGI! sur Amazon.fr...
La mode actuelle, c’est la répression notamment avec des textes de loi bancale façon HADOPI qui au de servir la création risque de la mettre dans une situation encore plus délicate. En effet, on peut légitiment penser que les ayant-droits ont raison de réclamer ce qui leur est dû, le piratage n’est pas forcément la meilleure des solutions pour eux mais clairement on ne doit à aucun moment influer sur les moyens de communication. C’est le cas avec HADOPI qui veut pister les Internautes en les surveillant (bon courage!). L’idée de neutralité du net vise à assurer que la « technique » ne puisse pas influencer le « message ». Prenons un exemple simple, imaginons un commentaire diffamant sur un blog, ce n’est pas à votre FAI de le bloquer mais au responsable du blog de le modérer d’autant plus qu’il existe des textes de lois pour se défendre contre ce type d’attaques, clairement la législation IRL est valable en ligne. Pour reprendre le cas HADOPI, c’est la même chose, ça n’est pas au fournisseur d’accès ou à l’État de bloquer (on parlera plutôt de censure) un site illégal mais plutôt à la justice de faire son travail, les textes sur la contrefaçon existent, ils sont fait pour ça.
Clairement ici, il ne faudrait pas qu’un organisme privé (le FAI) puisse influer sur les communications en ligne or c’est très probablement ce qu’il va se passer à l’avenir, à l’image de la Chine qui restreint l’accès à certains sites qui ne plaisent pas au gouvernement ou qui ne correspondent pas aux valeurs morales d’une poignée de personnes. Je crois qu’avant l’HADOPI, on aurait dû réfléchir à d’autres solutions pour les contenus sous licence. Si je parlais plus haut du respect des lois en vigueur, il y a des textes qui ne devraient pas s’appliquer sur le web (voir mon article lié dans la phrase précédente).
En bref, pour conserver notre liberté acquise sur Internet, il va falloir batailler dur car les différents propriétaires de contenus semblent encore dans un ancien système qui ne demande qu’à faire sa révolution. On regrettera surtout que notre gouvernement est à cent lieux de connaitre nos valeurs sur Internet. Bien entendu, le web ne joue pas forcément en faveur des politiques mais pour la première fois de l’histoire les représentants du peuple se retrouvent confronter aux citoyens, certains en ont déjà fait les frais…
Pourvu que ça dure…
Publié dans la catégorie Internet et web 2.0 le 02/12/2009 à 16:12.
Tags : HADOPI, Piratage. Aucun commentaire...
S’il est clair que la musique ne vit pas actuellement son age d’or, selon moi l’HADOPI est une mauvaise réponse qui en plus d’être inefficace va très probablement poser des problèmes majeurs dans la diffusion de la musique sur Internet. L’idée qui au départ était belle était de tout mettre en oeuvre pour soutenir les artistes or ici ce sont très clairement les majors qui profiteront de ce texte de loi. Soyons clairs, le fait de gagner de l’argent n’est pas négatif mais que ce ne soit pas ceux qui travaillent qui en tirent les bénéfices ce n’est pas normal et ça ne favorise absolument pas la création. C’est évident que pour un label ou pour une major ce n’est pas un discours facile à entendre mais le fait est que le marché à changé et Internet à également changé la donne. On attendait plus une adaptation et une meilleure éthique mais hélas c’est toujours la même rengaine. C’est le méchant téléchargeur qui est la cause de tous les maux de ce secteur or c’est complètement faux puisque l’utilisation du P2P est clairement en diminution depuis des années, la France n’est pas le plus gros consommateur de contenus « illégaux » et pourtant le marché ne redécolle pas…
On évoque souvent le pouvoir d’achat et pour moi c’est évident que c’est l’un des éléments principal de cette crise, les divertissements passent en arrière plan quand on pas d’argent. Pas besoin de sortir de St Cyr pour comprendre ça. Je crois qu’au lieu de perdre son temps avec des projets de loi couteux et inutiles il aurait été plus pertinent de revoir à la baisse les taxes sur les produits culturels mais aussi les marges indécentes que se font les grands distributeurs sur la musique, le cinéma et les jeux vidéo. Un album à plus de 20€ est une insulte au consommateur, au même titre qu’un mp3 à 1€… Et je ne parle pas des nouveautés vidéo-ludiques qui atteignent parfois les 70€… Très clairement la musique, le cinéma et les jeux vidéo sont des divertissements coûteux, le consommateur doit faire des choix. Très clairement soit on achète un album, soit une place de cinéma mais pas les deux.
Autre point souvent évoqué, c’est la qualité générale des produits culturels et plus particulièrement dans la musique. En effet, depuis quelques années j’achète réellement moins d’albums sans pour autant aller les télécharger, ni les écouter en ligne. Selon moi, la musique dite « populaire » ressemble de plus en plus à des coups médiatiques (Make The Girl Dance, par exemple) plus qu’à une réelle démarche artistique, le marketing a pris le dessus, c’est évident or ceux qui achètent VRAIMENT de la musique ce sont les mélomanes, ceux qui n’achètent pas ce genre de productions… Je crois qu’il y a deux types de consommateurs de musique, le grand public qui achète quelques singles à la mode et les musiciens et les véritables amateurs de musique qui sont beaucoup plus exigeants sur la qualité. Ces derniers sont ceux qui dépensent le plus pourtant il faut être réaliste, la musique diffusée en radio ou à la télévision ne correspond absolument à la demande. Si les grandes radios généralistes de type NRJ sont en perte de vitesse ce n’est pas pour rien.
Il est dommage que Google ait abandonné Music Trends, ce service proposait des charts intéressants non pas sur les ventes mais sur les écoutes et les résultats étaient clairement à l’opposé de ce que l’on nous propose actuellement. Si la mode semble être au rap ou au r’n'b, la tendance réelle est plus aux scènes rock (terme générique). Le succès de groupes comme U2, Muse ou Tokio Hotel illustre parfaitement mes propos. Finalement, ne fait on pas la promotion aux artistes qui n’intéressent pas une majorité de gens et donc de consommateurs?…
La rentabilité… Aujourd’hui on mise très clairement sur le court terme mais le fait est que les albums les plus vendus à ce jour sont de très vielles productions qui datent des années 80 voire des années 70. La stratégie moderne des majors n’est pas très viable à mon sens, puisque si des artistes se vendent bien aujourd’hui, combien seront encore sur le devant de la scène dans 20 ans? On peut sans risques pour tabler sur AUCUN.
Alors HADOPI comme réponse à une industrie bancale et non adaptée c’est un peu facile. En tant qu’Internaute fan de musique (et musicien) je m’inquiète quant à la réelle finalité de ce projet de loi qui va permettre la censure du web et limiter les échanges (à l’image de la Chine donc). D’autant plus que si ce texte avait été fait avec intelligence il aurait pris en compte ce que pense les consommateurs sur le sujet, une simple recherche sur les blogs me semble explicite. Alors je ne sais pas vous mais très honnêtement, je ressens plus de dégoût qu’autre chose et être dégouter d’une entreprise quelle qu’elle soit ne favorise absolument pas l’achat.
Les Internautes ne sont pas réellement inquiets quant aux sanctions que cette loi veut faire appliquer puisque le texte est déjà obsolète, on nous refait ici le coup de la DADVSI qui n’a absolument rien changé. Je crois qu’il serait temps d’un peu écouter les citoyens qui en ont juste ras-le-bol de ce genre de frasques totalitaires favorisant la censure plus que la création artistique qui ne se porte pas si mal que ça si on tourne nos regards ailleurs que vers les principales majors. Ce qui me dépasse le plus c’est qu’il y a d’excellentes idées et de très bonnes initiatives pour la musique sur Internet mais tellement sous-exploitées. J’irais même jusqu’à dire que c’est affligeant de voir à quel point cette industrie refuse de constater l’évolution du marché.
Le plus triste, c’est que des gens sont prêts à payer pour des réseaux P2P illégaux car ils répondent mieux à la demande. Si ça c’est pas pathétique…
Publié dans la catégorie Internet et web 2.0, Musique et vidéo clips, Politique, débats et partis le 22/10/2009 à 18:03.
Tags : censuré, DADVSI, HADOPI, telechargement. 3 commentaires!
©1999-2010 Audiofeeline. Tous droits réservés.
Le fric, c'est pour les amateurs... Le désordre, le chaos, l'anarchie, ouais ça c'est marrant!